La boîte à déni

Il y a 10 jours, j’ai fait un grand tri dans mon matériel créatif.
Un énorme, immense tri.

Cela faisait des mois que je n’arrivais plus à m’en sortir dans mon capharnaüm artistique. Des chutes de papiers dans tous les sens, des carnets qui s’entassaient, des feutres, pinceaux, ciseaux éparpillés dans tout l’espace… impossible de ranger et pour cause : quand tu as plus d’objets que d’espaces pour les contenir, le projet est voué à l’échec.

Chercher le bon soutien

J’ai demandé de l’aide à ma cousine. De l’aide pour m’aider à trier et à me débarrasser une bonne fois pour toutes de ce qui ne me plaît plus, de ce que je n’utiliserai pas, de ce qui ne m’intéresse plus.
J’étais stressée quand elle est arrivée. J’avais peur qu’elle m’oblige à me débarrasser de choses que je voulais garder. La peur du manque était bien présente mais j’étais décidée à aller au bout de la démarche.

Je savais que je demandais de l’aide à la bonne personne : celle qui m’encouragerait à oser jeter/donner ce qui ne me convient vraiment plus, sans me braquer.

Et ce fut un moment chaleureux. En buvant du thé et en discutant, je me suis moins posé de questions sur les choix de garder ou non tel ou tel objet. Tout s’est fait de façon assez fluide.

La boîte à déni

Jusqu’à ce que j’avise une vieille boîte en carton blanc, tout en bas du meuble.
J’ai soupiré : « Ah celle-là, je ne suis pas prête. On verra une prochaine fois. »
Aussitôt ma cousine m’a demandé ce que contenait cette boîte.
J’ai re-soupiré : « c’est ma boîte à déni ».

En réalité, c’était une boîte dans laquelle j’avais rangé les souvenirs d’un voyage au Québec en 2018 et d au Maroc en 2019.
Des prospectus, des tickets de métro, des billets d’entrée dans des musées, quelques photos, des cartes postales… Tout un bric-à-brac que j’avais gardé pour finir « un jour » de remplir mes carnets de voyage…
Mais depuis le retour en France, je n’y avais pas retouché… et je m’étais persuadée au fil du temps que je ne pouvais pas me séparer de ces effets, trop attachée émotionnellement aux souvenirs qui y étaient liés.

Mais le jour du Grand Tri, j’ai pris mon courage à 2 mains, et forte du soutien de ma cousine, j’ai plongé dedans.
J’ai sorti les cartes de Montréal, les prospectus et magazines promotionnels que j’avais récoltés tout au long de notre séjour. Et j’ai jeté sans hésiter. Je n’ai gardé que quelques cartes postales et des plans de ville que j’adore intégrer à mes collages. Tout le reste, à la poubelle. Sans remords, sans une once d’émotion. En moins de 5 minutes, la boîte était vidée.
Cette boîte à déni, j’évitais de l’ouvrir depuis des années, parce que je lui prêtais une charge émotionnelle… qu’elle n’avait plus.

La morale de l’histoire

Alors, évidemment, je me suis demandé si j’avais d’autres boîtes à déni (spoiler : oui ! que j’ai vidées en un temps record de la même façon)… et puis, j’ai réalisé qu’il y avait aussi toutes mes boîtes à déni « psychologiques » : ces sujets que j’évite d’aborder, de traiter parce qu’ils m’angoissent, à commencer par les tâches administratives qui sont une véritable torture.

Le chemin est encore long pour épurer toutes les boîtes à déni de ma vie.
Mais le soulagement ressenti à chaque fois me permet de « reconfigurer » mon cerveau, en lui montrant que là où il crée de la peur de souffrir, de manquer, il n’y a -en réalité- rien d’autre qu’une boîte à vider, un dossier à finir.
C’est pas confortable mais plus j’expérimente la légèreté, moins j’appréhende de m’atteler à ces tâches-là.

Et toi ? Quelles sont les boîtes à déni de ta vie ?

✨ Avec Amour et Joie ✨

Sofia

2 thoughts on “La boîte à déni

  1. Tellement d’échos avec la procrastination ou la procrastin-action ! La fin me fait beaucoup réfléchir. Le lien entre le rangement et les sujets compliqués : une boîte à ranger ? Merci pour cet article « sorti » du placard.

    1. J’aime bien le terme de procrastin-action. Souvent, pour éviter ce qu’on doit réellement faire, on procrastine en étant dans l’action autrement.
      Mais les boîtes se remplissent malgré tout et un jour, il faut bien dépoussiérer et désencombrer tout ça ! 😉

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